Les filles et les gars... (Participations) posté le dimanche 23 mars 2008 20:07
La semaine de la langue française (1) (Participations) posté le dimanche 23 mars 2008 19:56
Cette année, le printemps des poètes a pour thème “Les mots de la rencontre”, avec dix mots proposés autour desquels écrire. Visage, s’attabler, toi, rhizome, passerelle, palabre, tact, boussole, apprivoiser, jubilatoire. Dans ma commune, un atelier d’écriture était proposé où nous nous sommes “rencontrés” pour partager nos sensations devant la feuille. J’insèrerai un lien lorsqu’il sera disponible pour retracer le travail de chacun d’entre nous.
Je n’ai rien appris, vois et ris aux malheurs qui m’accablent
N’était-ce qu’un accident ?
Je vis à Gisors, pâle, abruti de douleurs, enlisé dans mes sables
Je bous, solliloque
Ça t’a blessé ? Que je fuis de ce jus. Bile. A toi, refaire ta vie
Je ne suis plus que loques
Toi t’as qu’tes rêves, à ta blessure, passent réelles envies
Rends compte, renais !
Nous nous sommes rencontrés, nous nous sommes aimés.
_________________
De la rencontre de
toi et moi
Où j’ai cru un moment t’apprivoiser
Alors que bien sûr, de toi à moi
Je me suis évidemment laissé dompter
Bien que
n’ayant rien de sauvage
D’amour j’étais tant affamé
Me suis nourri de ton visage
A ton corps me suis attablé
Toi, mon moteur,
ma seule raison
Ma boussole, ma passerelle vers la vie
Mon passeport pour chaque saison
Dont’acte, sans palabre tu pars, et c’est avec
lui.
_________________
Après que
nous nous sommes rencontrés
Après que nous nous sommes aimés
Après avoir tenté de nous apprivoiser
Après, vois-y ce que nous en avons fait
Je sais
qu’aujourd’hui tu ris aux mots
Dans le village de ma vie, tu dodelines
T’opine en bourg
Je sais aussi que
tu ris aux tôts
Matins de ton âge qui te rendent sublime
Et auxquels j’aimerai rester sourd
Je m’asperge
et me flagelle
Me bats avec mes propres verges
Mais ne peux imaginer celle
Que je pourrais emmener sur mes berges
Qui et pourquoi
devrai-je renverser
Gentiment, doucement aliter
Ou bien plus rudement malmener
Attablée, allongée, moi tentant de gagner
Gagner quoi ? Je ne me ferais que mal
Et ne saurais lui
procurer nul bien
Car je t’ai tout donné
Et tu as tout pris, rien que de plus normal
Et pour ma peine je n’ai plus rien
Car tu as tout gardé.
_________________
Avec tact, pouvoir
enfin vous courtiser
Avec tact, savoir vous dire votre beauté
Avec tact, vouloir de moi tout vous donner
Avec tact, vous
faire danser la javanaise
Avec tact, malmener votre langue française
Avec tact, vou mettre dans mon assiette anglaise
Avec tact, vous
montrer l’endroit où je couche
Avec tact, vous emmener dessous la douche
Avec tact, tout exiger de votre bouche
Avec tact,
tendrement, de mes doigts caresser
Avec tact, sagement dégrafer puis griffer
Avec tact, doucement vous prendre, vous culbuter
Avec tact, vous
faire mourir de vous aimer
Avec tact, vous faire souffrir de mes baisers
Avec tact, vous faire jouir par la pensée
Avec tact, crier
votre nom sur les toits
Avec tact, hurler ma douleur, mes émois
Avec tact, parvenir à vous appeler toi.
La semaine de la langue française (2) (Participations) posté le dimanche 23 mars 2008 19:54
Vendredi 21 mars, atelier d’écriture à la bibliothèque de Gisors, où soit dit en passant, nous avons été réçu par des êtres charmants, passionnés et compétents. Il s’agissait donc ici de tirer au sort un des dix fameux “maux” (?) et de laisser notre stylo faire le reste… Le mien n’a pu faire mieux que ce qui suit…
Tact
Le tact nous claque
à la bouche comme un heurt, une collision soudaine. Amusant
semble-t-il, lorsque l’on se rapporte à sa
signification : à pas feutrés vers l’autre,
sans vouloir blesser l’autre… La diplomatie a ses
mystères.
Visage
Sept personnes autour
d’une table, sept visages différents, chacun avec ses
courbes, ses arêtes, ses volumes. Un visage pour chaque jour
de la semaine. Nous sommes vendredi. Je serai
dimanche.
Palabre
Paroles, paroles,
paroles…
Encore des mots, toujours des mots, les mêmes
mots…
Palabres
Il faut encore que tu t’y colles
Palabre
Singulier ou pluriel, je ne suis pas
A l’abri des phrases inutiles
Rhizome
Décidément, c’est bien
là la chose qu’elle détestait le plus au monde.
S’abaisser à attendre son tour dans ses interminables
files d’attente, tickets de rationnement en main, comme si
elle mendiait, pour elle et pour la chair de sa chair ce
qu’elle méritait pourtant. Et tout ça pour se
nourir de ces rhizomes insipides. “Vivement la
libération” se dit-elle, “elle doit avoir bien
meilleur goût.”
Toi
Toi, tu rends
dingue
Toi, tu rends zinc
Et c’est à cause de toi que je m’y
rends
Apprivoiser
Le moins que
l’on puisse dire, c’est que c’étaient pas
les certitudes qui l’étouffaient. Oui, il pensait
avoir apprivoisé certaines choses. Son stylo, par exemple.
Et puis après ? Elle ? L’avait-il apprivoisée ?
Certes non. Du reste, elle ne se serait jamais laissée
faire. L’apprivoiser pour quoi faire ? La tenir en laisse ?
L’enfermer dans une cage ? Une chose demeurait certaine
cependant : il aurait aimer s’apprivoiser,
lui.
Passerelle
Damoiseau,
damoiselle
Ritourneau, ritournelle
Passereau, passerelle
Je suis passé, passera-t-elle ?
Certainement pas !
Boussole
“Oui, oh ! Une
boussole, pourquoi faire ?”. Ça, Damien avait toujours
été plus fort que tout le monde. C’était
plus fort que lui, justement. Aujourd’hui, il avait tout
gagné, lorsqu’il fit son entrée dans le
réfectoire, alors qu’à sa vue, le brouhaha des
palabres fit place à un assourdissant silence, et que tous
les yeux se fixèrent sur lui. Il ne restait même plus
de dessert.
Jubilatoire
La reine Elisabeth II
a eu son jubilé. Jean-Pierre Papin également. Les
grands esprits se rencontrent ! Moi aussi, un jour, je jubilerai. A
toire ou ailleurs, je m’en fous. Du moment que je
jubile.
S’attabler
Toujours fort
attendue par tous, cette réunion annuelle où la
famille entière se retrouvait pour s’attabler et se
raconter pendant un repas qui durait un temps infini. De
l’apéritif de midi jusqu’à la soupe
à l’oignon pour les plus courageux,
jusqu’à la camomille pour les moins vaillants. Cette
journée avait un sens.
Notre chanson (Les rimes) posté le dimanche 23 mars 2008 15:39
Une vingtaine de
mesures
Plus une petite intro
Voilà le temps que dure
Notre chanson d’amour
De beaux accords
majeurs
Quelques impros solo
Des désaccords mineurs
Notre chanson d’amour
Je ne peux que me la
repasser
Encore et encore l’écouter
Toujours elle me fera pleurer
Partition terminée
Je le voulais ad lib
Notre plus beau duo
Notre hit fait un un bide
Notre chanson d’amour
On a pondu des choeurs
Qu’étaient loin d’sonner faux
Un frère pour une grande sœur
Notre chanson d’amour
Tu entends sans plus
écouter
Ce qui a fait notre succès
P’t’être qu’on ref’ra des
tournées
Pour l’instant je fais les cafés
T’as trouvé un
autre producteur
Pour ta nouvelle carrière
Le business connait pas le malheur
Il veut des chansons d’amour
Maintenant on est à
la coda
Notre âge d’or est resté derrière
Je sais que sans moi tu sauras
Faire des chansons d’amour
Mort... (Les rimes) posté le dimanche 23 mars 2008 15:27
Pour un premier article, ça commence sous les meilleurs auspices…
Ce fut une belle
cérémonie
Vin d’honneur réussi
La rosette à chaque revers de veste
Et puis pareil dans les assiettes
On a eu le droit aux petits fours
Les gosses jouaient dans la cour
Les vieux vêtus de leur costume
Pour ces honneurs posthumes
On s’est caillé pendant des
plombes
En plein vent, devant les fausses bombes
Pourquoi c’est pas au mois de juillet
Qu’on rend hommage aux macchabées
Ça résonne dans la
tête
Comme dans la salle des fêtes
Ces échos infinis
Cette longue lithanie
Aron, Raymond : mort pour la France
Auriol, Vincent : mort pour la France
Balavoine, Daniel : mort pour l’urgence
Bérégovoy, Jean-Pierre : mort pour la France
Boulay, Steevie : mort pour la France
Colas, Alain : mort en vacances
Collucci, Michel : mort en Provence
Curie, Marie : morte pour la science
Danton, Georges-Jacques : mort pour la France
Dolto, Françoise : morte pour l’enfance
Eloi, le bon Saint : mort pour la France
Ferry, Jules : mort pour sa semence
Gandhi : vivant dans ma conscience
Hitler, Adolf : mort pour la France
Jacob, Max : mort pour la France
King, Martin Luther : mort non-violence
LaSemoule, Harry : mort de souffrances
Le Seizième, Louis : mort pour la France
Martin, Jacques : mort pour la France
Moulin, Jean : mort pour la France
Morrison, Jim : mort pour la transe
Oussekim, Malik : mort pour la France
Piaf, Edith : morte, c’est pas d’chance
Queneau, Raymond : mort d’expériences
Rimbaud, Arthur : mort en errance
Sirven,
Alfred : mort pour l’essence
Térésa, Mère, morte
d’indigence
Vian, Boris, mort d’excellence
Vuillemin, Grégory : mort d’innocence
Wilde, Oscar : mort d’ignorance



Commentaires